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Un étudiant montpelliérain a été mis à l'amende sur le seul témoignage d'une femme après un accrochage.

Source : le parisien

Publier le: Jeudi 05 Janvier 2017 à 07:41

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il n'a jamais soufflé dans un éthylotest. Jérémie vient pourtant d'être condamné par le tribunal de Montpellier (Hérault) pour conduite en état d'ivresse. Le tout sur la foi non pas d'un policier mais d'un simple témoin. Une décision dont ne revient toujours pas Me Ludovic Para, l'avocat de Jérémie, actuellement étudiant en kinésithérapie.

 

« C'est une première en France que des juges tiennent compte d'une simple délation. C'est la porte ouverte à tous les abus alors que les jugements sont prononcés sur les faits réels vérifiés. Demain, va-t-on accepter le témoignage de personnes qui vont relever des excès de vitesse sur l'autoroute ? », s'indignait-il hier.

 

Le 23 décembre, la cour d'appel de Montpellier (Hérault) a condamné son client, le privant de permis de conduire pour six mois et lui infligeant une amende de 500 €. Pour en arriver là, les juges se sont fondés sur le récit oculaire d'un témoin qui avait assisté à l'accrochage survenu le 2 octobre 2009 dans le quartier universitaire de Montpellier. Jérémie avait embouti pendant la nuit un véhicule en stationnement avant d'abandonner le sien. La femme qui se trouvait sur place avait décrit un jeune homme titubant. Elle avait estimé que le garçon était en état d'ivresse au moment où il était sorti du véhicule accidenté et elle avait appelé la police.

 

 

 

Suffisamment d'éléments selon le parquet

 

Quelques semaines plus tard, le jeune homme, alors âgé de 22 ans, déjà étudiant à l'époque, avait reconnu l'accrochage mais avait nié la conduite en état d'ivresse, indiquant qu'il avait bu deux verres de sangria. Evidemment, si longtemps après, aucun officier de police judiciaire n'avait pu constater ni même contrôler son état éthylique. Par ordonnance judiciaire, puis devant le tribunal correctionnel et enfin devant la cour d'appel, les juges ont condamné le jeune homme sur la foi de ce témoignage. A l'audience, devant la cour d'appel, le parquet avait estimé qu'il existait dans ce dossier suffisamment d'éléments pour confirmer la condamnation de première instance. Et hier, il n'a pas souhaité la commenter.

 

« On peut penser que cette décision restera isolée. Et qu'elle ne fera pas jurisprudence parce qu'elle ne s'appuie sur aucun élément de preuve », espère l'avocat.

 

« Le témoin, capital dans cette affaire n'est même pas venu à la barre. Elle s'est contentée de faire une déclaration aux policiers ce soir-là. Elle dit que je sentais l'alcool. Mais comment peut-on sentir l'alcool à 30 m ? » peste Jérémie. Il n'ira toutefois pas en cassation. « Trop cher et cela interviendra beaucoup trop tard. Donc j'irai à pied à l'institut de formation de kinés de Manresa en Espagne où j'étudie et je ferai du covoiturage pour rentrer en France », ajoute Jérémie qui avait jusque-là ses douze points sur son permis de conduire..

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